Cartographie du présent
Cartographie du présent explore les forces et les phénomènes qui traversent le vivant et les systèmes humains.
Je m’intéresse à ce qui agit autour de nous sans être toujours perceptible : ce qui circule, se transforme, se superpose et laisse des traces.
À travers la cartographie, les strates et la matière, je cherche à rendre ces manifestations visibles et sensibles.
Les tableaux, fragments cartographiques vus du ciel, superposent matières organiques et structures technologiques pour révéler des paysages à la fois réels, symboliques et sensibles.
Démarche artistique
Ma démarche pour cette série, est partie de l’observation des relations entre le vivant et les systèmes humains, et de ce que l’humain transforme autour de lui.
Les circuits électroniques provenant d’appareils conçus pour l’écoute musicale deviennent dans mes œuvres des traces technologiques, porteuses d’une mémoire sonore silencieuse. Ils évoquent aussi cette pulsation électromagnétique qui entoure la Terre — la résonance de Schumann — comme un battement de cœur discret de la planète.
La fragmentation, la superposition et la stratification des matières me permettent de faire apparaître des traces, des rythmes et des relations parfois imperceptibles.
Cartographie du présent propose ainsi un regard sensible sur un monde en transformation, où le vivant et les systèmes humains se rencontrent, se transforment et laissent leurs empreintes.
Cartographie No 1
Cette œuvre s’inspire de la forêt et du caribou forestier, une espèce en voie de disparition qui possède une forte valeur culturelle pour plusieurs nations autochtones au Canada.
Circuits électroniques, mousse, plantes séchées, pétales et terre se superposent pour former une topographie fragmentée, au cœur de laquelle apparaît une présence animale.
L’œuvre évoque ainsi la fragilité du vivant et les relations étroites entre les espèces, les territoires et les transformations humaines.
Le Silence
Ce tableau tridimensionnel évoque un territoire où les frontières naturelles se trouvent redessinées par les intérêts économiques et géopolitiques. Inspirée des tensions géopolitiques qui se cristallisent autour des détroits stratégiques du Moyen-Orient, l’œuvre met en relation le vivant et l’exploitation des ressources dont dépend une partie de l’économie mondiale.Le haut-parleur, issu d’un appareil destiné à l’écoute de la musique, rappelle l’absence des chants. Comme si le vivant avait été contraint au silence. Là où la nature portait autrefois ses propres résonances, le fracas des conflits semble avoir suspendu toute voix.À proximité, les mousses, les lichens et le lézard rappellent la fragilité des écosystèmes devenus silencieux.Les matières sombres, semblables à une nappe d’hydrocarbures traversent la composition comme une cartographie de l’or noir. Elles suggèrent que, derrière les lignes visibles des cartes, circulent d’autres réseaux — énergétiques, économiques et militaires — qui façonnent notre présent.Dans cette géographie où se croisent le vivant et les ressources convoitées, le paysage devient le récit d’un équilibre toujours menacé.
Supports et procédés
Support – Papier ou carton pulpe sur panneau de particule de bois.
Peinture et pigments – Acrylique, encres fluides, pigments.
Éléments naturels – Mousse stabilisée, brindilles, carton mousse, fibres végétales, terre, feuille d’or pour représenter la végétation et le relief.
Figurines d’animaux miniatures peintes à la main.
Éléments électroniques – Pièce électronique et haut-parleur issus d’appareils pour l’écoute musicale.
Techniques mixtes – Combinaison de dessin, peinture, collage d’éléments naturels et intégration électronique.
Insula
Au sein du corpus « Cartographie du présent », la onzième œuvre, INSULA, explore la géographie intime de la résilience. En neurosciences, l’insula est cette terre intérieure, siège de la conscience de soi et du lien entre le corps et l’émotion.
Une île-refuge où la nature reprend ses droits sur les vestiges de nos technologies. Un fragment de circuit issu d’un appareil musical est intégré comme racine : il symbolise la neuroplasticité et le pouvoir réparateur de la musique, un véritable câblage de l’âme qui permet de reconstruire ce qui a été fragilisé.
Survolant ce paysage hybride, la cigogne incarne le mouvement migratoire : un envol et la promesse d’un renouveau.
Elle sera mis en vente à l’encan bénéfice Moi m’aime 2026 au Livart, le mercredi 13 mai, de 17 h 30 à 20 h 30.
Médiation
L’exposition peut être accompagnée d’activités de médiation favorisant une approche fondée sur l’observation, l’écoute et l’échange.
Rencontre avec l’artiste
Une discussion autour du processus de création, du choix des matériaux et des liens entre territoire, vivant et technologie.
Visite commentée
Un parcours guidé invitant à observer les œuvres à travers leurs matières, leurs strates et leur point de vue aérien, tout en laissant place à une expérience personnelle.
Dispositif d’écoute (optionnel)
Une sélection musicale ayant accompagné la création est accessible par code QR, comme prolongement facultatif de l’expérience de visite.
Présence silencieuse
Alors que les œuvres de ce corpus abordent le territoire à travers une perspective cartographique, où les forêts apparaissent en vue aérienne, cette image propose un déplacement du regard.
Elle nous fait quitter la carte pour entrer dans le territoire.
Là où la cartographie observe à distance, cette œuvre nous y place au cœur. L’arbre qui émerge au centre de la composition devient un point d’ancrage, une présence à partir de laquelle le paysage se construit et se déploie.
Cette transition entre la vue d’ensemble et l’expérience immersive prolonge les questions qui traversent Cartographie du présent : comment habitons-nous les lieux silencieux? Quels paysages continuons-nous de porter en nous?
La sérigraphie ne représente pas la carte; elle en constitue plutôt l’un des possibles prolongements. Une manière de passer du territoire observé au territoire vécu.

Équipe de soutien
| Coordination | Carmelle Pilon |
| Préparation de pièces électroniques | Émile Pilon |
| Collaboratrice sérigraphie | Dominique Desbiens, Atelier circulaire |
| Photographes | Guy L’Heureux, Carmelle Pilon |
| Encadreur | Encadrement tout autour |
| Promotion et mise en marché | Phillipe Leblanc |
| Agent | Éric Devlin |
Carmelle
Carmelle Pilon vit et travaille à Tiohtiá:ke (Montréal). Sa pratique protéiforme inclut peinture, dessin, arts imprimés et techniques mixtes. Elle explore les relations entre nature, humanité et transformation du territoire, guidée par la conviction que l’invisible façonne nos vies autant que le visible.
Ses œuvres révèlent des strates de textures, de rythmes et de structures, où se mêlent observation, mémoire et intuition. En parallèle à l’expérimentation et au geste intuitif, la recherche alimente sa création : elle puise dans des sources scientifiques, poétiques et artistiques pour nourrir ses réflexions et ses gestes.
Influencée par son parcours en musique, Carmelle transpose dans ses compositions les vibrations, les harmoniques et les rythmes qui traversent le vivant et le territoire. Ses œuvres invitent le spectateur à percevoir l’invisible derrière le visible et à ressentir les flux subtils qui relient humains, nature et technologie, offrant un espace où matière et rythme se répondent.








